Les alignements de Palaghju : un grand site mégalithique de Corse
- Arko The App
- il y a 1 jour
- 3 min de lecture
Lorsque l’on évoque les menhirs en France, on pense spontanément au Morbihan et aux grands alignements de l’ouest. Pourtant, la Corse occupe une place majeure dans le paysage mégalithique français : elle constitue le deuxième département par le nombre de menhirs recensés, après le Morbihan. Parmi ces ensembles, les alignements de Palaghju, situés dans le sud de l’île, figurent parmi les sites les plus remarquables et les plus étudiés.
Le site de Palaghju est connu depuis longtemps par les érudits locaux, mais c’est surtout au XXᵉ siècle qu’il a fait l’objet d’études approfondies, permettant d’en préciser l’organisation, la typologie et l’importance dans le cadre du mégalithisme corse.
Un ensemble structuré de monolithes
Les alignements de Palaghju se composent d’un nombre important de monolithes dressés, répartis selon une organisation structurée. L’étude publiée en 1972 par R. Grosjean dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française souligne la disposition en files parallèles, formant un véritable dispositif monumental.
Les blocs, taillés dans le granite local, présentent des dimensions variables mais témoignent d’un choix et d’une mise en œuvre réfléchis. Certains menhirs sont simplement dressés, tandis que d’autres présentent des formes plus travaillées, notamment dans le cas des statues-menhirs corses, bien que l’ensemble de Palaghju ne se limite pas à ce seul type.
L’implantation du site dans le paysage n’est pas anodine. Situé sur un plateau légèrement incliné, il bénéficie d’une large ouverture visuelle sur l’environnement, ce qui renforce l’impression d’ordonnancement et de monumentalité.
Organisation spatiale et caractéristiques des menhirs
Les files principales de menhirs sont disposées selon un axe dominant, auxquelles s’ajoutent des blocs périphériques. Cette organisation suggère un projet d’ensemble plutôt qu’une accumulation progressive désordonnée.
Les dimensions des pierres varient, mais la sélection des blocs semble répondre à des critères de stabilité et de visibilité. Leur implantation suppose une maîtrise technique certaine : extraction, transport sur de courtes distances et calage en fosse pour assurer leur verticalité.
Hypothèses de datation et contexte chronologique
La datation précise des alignements de Palaghju demeure délicate en l’absence de mobilier archéologique directement associé aux monolithes. IL convient de replacer le site dans le cadre du mégalithisme corse, généralement attribué à la Préhistoire récente, plus précisément au Néolithique final et au début de l’âge du Bronze. Cette proposition repose sur des comparaisons typologiques avec d’autres ensembles mégalithiques insulaires et sur les parallèles établis avec les statues-menhirs corses, souvent rattachées à cette même période.
Accès au site : une vigilance nécessaire
Les alignements de Palaghju se situent sur un terrain accessible par une piste privée. L’accès doit donc se faire avec discernement et dans le respect des règles en vigueur.
Il est essentiel de :
vérifier les conditions d’accès avant de s’y rendre,
respecter les propriétés privées,
stationner uniquement dans les zones autorisées,
éviter toute dégradation des blocs ou du sol.
Palaghju : un témoignage majeur du mégalithisme corse
Les alignements de Palaghju rappellent que le mégalithisme ne se limite pas aux grands ensembles de Bretagne. En Corse, ces monuments témoignent d’une tradition préhistorique dense et structurée, dont l’étude contribue à mieux comprendre les sociétés anciennes de l’île.
Pour Arko, Palaghju incarne l’importance d’élargir notre regard au-delà des sites les plus célèbres. Le patrimoine mégalithique français est pluriel, et la Corse en représente un volet essentiel, encore trop souvent méconnu.






